BONAPARTE A VÉGOUB 11 EMËOTfE ou LE PETIT CAPORAL. SOUVEN1BS DE 1785, EN TROIS TABLEAUX. PAR MM. GABRIEL, DE VILLENEUVE ET MASSOKT. Représenté}, pour la première fois, à Paris, sur le théâtre! l's Nouveautés, le t) octobre i83<>. MIS EN SCÈNE PAR M. ARMAND. Il nous lègue une gloire Que rien ne |jetil ternit- : français, à sa mémoire Donnou* 1111 souvenir. ( Srhit Jernirn. prix : 2 FB, A PARIS, CHEZ J.-N. BARBA, PALAIS-ROYAL, GRANDE-COUR . DERRIERE M THEATRE l'RANÇAl». + — 1850* PERSONNAGES. ACTKTTRS M. Mathieu. M. I.ACAZE. M. Dubour.ial. M. Mon El.. M"-" Virginie De.ia7.pt. M"" GÉNOT . M"« ClORINDE. M"" I.EOHTIKE. JVi LI " Anc.ki.itva. M™ Hekry. M. l'iiÉNAiin. M"" IiAI.THA7.ARI). * Costume ries élèves de l'École. — Habit bleu à collet rougi' el à boutons blancs, culotte bleue, boucles de jarretières, bas bleus, souliers couverts à boucles d'argent. I.e petit Bonaparte porte un chapeau à trois cornes. A la seconde entrée , ils ont tons des fusils. La scène est à Brienne, en Champagne, dans l'École militaire. L'action se passe vers la fin de 1 j?8!i. On trouve chez tous les marchands d'estampes une jolie lithographie représentant M"' Dejazct dans le, rôle de Bonaparte. LE MINISTRF. DE LA fWF.RRF. LE PRINCIPAL. FRKRE jEGIDHJS, professeur de belles-lettres. T'RÈRK PATRAULT, professeur de mathématiques. RONAPARTE, élève de l'École de Brienne. DA.RBEL. f DE LESTRADE.l DUHAUSSET. / Ses camarades de classe *. DEVERVILLE. J DELIGNOL. ( MOREL, capitaine-instructeur. JOSÉPHINE , sa lille , élève de Saint-Cyr. Frères minimes. Officiers professeurs de l'École. Officiers composant l'état-major du ministre. Élèves de l'École. BONAPARTE & l'ifiOlii ®S3 ou LE PETIT CAPORAL PREMIER TA RLE AU. Le théâtre représente l'intérieur d'une classe. A droite, une grande table couverte d'un tapis vert, papier», plumet, encre, etc. Au fond, deux grands penûeaux noirs, sur lesquels sont tracés, à la craie, des calculs d'algèbre et des ligures de géométrie. Une carte de géographie est suspendue à gauche, au premier plan. SCÈNE PREMIÈRE. LE PRINCIPAL, PATRAULT, /EGIDIUS, frèbes MINIMES Ct QUELQUES OFFICIERS. H* mut assis Mtidttt* ,1e la liitili' : M. le Principal tt u m f t le milieu : frère Patrault et Irère .Egiilius sont plfiees aux rôles opposés* LE PMNIilPAL. Messieurs et mes frères, je vous ai convoqués pour vous faire part d'une heureuse nouvelle : ... j'apprends que monseigneur le ministre de la guerre doit arriver ( h ) dans quelques heures à Brienne, êt qti'îl se propose de vi siter noire école militaire. PATRAUI.T. Occupons-nous sans relâche des affaires en suspends.., «GIDIUS. J'ai, à ce sujet, une petite allocution à vous faire..... Mes chers frères, l'Ecole royale et militaire de Brienne,... instituée pour l'éducation de la noblesse française, a été confiée h la garde et surveillance des frères minimes...... PATRAUI.T, l'interrompant. Allons au but, frère /Egidius,... la ligne droite est le plus court chemin d'un point h un autre... JSGIDIUS , ■inclinant dévotement. En géométrie , c'est possible , mon frère : mais , en théologie, nous devons préférer la ligne courbe. . . I.K PRINCIPAL. Voici la première note; elle concerne le capitaine Mo- rel, instructeur de nos jeunes élèves , et que j'ai cru devoir suspendre 4e ses fonctions, pour s'être battu en duel. «G1DIUS. De plus, on sait maintenant qu'il est l'auteur de ce fameux Mémoire au Roi, saisi, il y a quinze jours, chez un imprimeur de Paris. TATRAULT. Mais un écrit adressé au roi n'est pas un crime. • «G1D1CS. Non, quand c'est pour demander une pension : mais, demander le renvoi des ministres , la suppression de la dîme et des lettres de cachet,... enfin jusqu'à la Bastille, que monsieur ne voit pas d'un bon œil!... Qu'est-ce qu'il voudrait donc qu'on mît à la place?... une fontaine, peut- être ? PATRAULT. Cela ne serait pas déjà si mal..... si ça pouvait se finir..... ( 5 ) .EGIDIDS. Bien plus,... il ose attaquer le clergé; n'est-ce pas ;«! laquer Dieu ? Am : Tu tu vois vas, jeune imprudent. Il plaide pour le tiers-état, Et, dans su coupable entreprise, Il veut l'aire quelqu'attentat, l'ayer l'impôt aux gens d'église; Il veut qu'aux lois tous soientsounn*, Que chacun puisse apprendre à lire. Contre le bonheur du pays Vous voyez donc bien qu'il conspire. LE PRINCIPAL. Au surplus, nous soumettrons notre arrêt contre l'instructeur Morel à l'approbation de son excellence....... Maintenant, il nous reste à designer les élèves qui devront passer à l'école de Paris. MUMM. Je crois que nous aurons à signaler à l'intérêt de monseigneur un sujet excessivement précieux : c'est le jeune Cyprien Duliausset, d'une moralité et d'une piété exemplaires. Jamais il n'a manqué à ses devoirs de religion, et l'on sait qu'il ne se commet pas un seul scandale dans les classes sans qu'il ne vienne nous en avertir aussitôt. PATRAULT. Oui, c'est le meilleur espion de l'école. «GIDIDS. Sa Camille est riche et puissante. LE PRINCIPAL. ^ . Passons à un autre; celui-là' n'est qu'un hypocrite, et, qui plus est, un ignorant. /EUIDIUS. Ses parens seraient flattés.../ TOUS. A un autre..... ( 6 ) Lf 1>H1M.IPAU Je croîs que le jeuneDnrbel mérite d'être distingué;... il a fait toutes ses classes avec succès, cl nous n'avons que des éloges à donner h sa conduite : ... j'inscris donc le nom de Darbel. l'ATRAULT. Quant à moi, je crois qu'il y aurait de l'injustice à ne pas saisir cette occasion pour ouvrir une carrière h la jeune ambition de mon meilleur élève......J'ai nommé Bonaparte..... .egwius. Jolie occasion vraiment!... depuis trois jours il est aux arrêts... PAT11AUI.T. Pour vous avoir lait une réponse peu convenable, vous vouliez le forcer de revêtir la robe de bure cl de se mettre à genoux au réfectoire... Son caractère noble et fier ne put supporter celte humiliation;— il a préféré se voir meltre aux arrêts... XQIDTOf. Déplus, d'une faiblesse déplorable en thèmes:... toujours des barbarismes !... TATRAULT. 11 est très-fort en mathématiques. •EGIDIUS. Et puis, il n'a pas encore quinze ans. l'ATRADLT. Qu'importe... j'aperçois la une étincelle qu'on ne saurait trop cultiver;., souvent dans ses écrits le génie se révèle en pensées sublimes, en réflexions inattendues : — c'est du granit chaull'é au volcan... .EGIDIUS. On prétend qu'il a de la mémoire c'est un sournois qui n'a que de la rancune... l'ATRAULT. Et moi je soutiens que c'est de la reconnaissance,... car jamais mon élève n'oublia un bienfait... ( 7 ) LE PRINCIPAL. Je crois, frère /Egidius, qu'un motif secret vous aveugle sur le compte du jeune Bonaparte;... on ne peut lui refuser une intelligence extraordinaire pour les sciences abstraites... PATRATJLT. D'ailleurs son excellence doit seule décider de l'admission du jeune homme à l'école de Paris... LE PRINCIPAL. Sans doute, cl je mettrai sous ses yeux la lettre de M. Charles Bonaparte, d'Ajaccio, son père, qui demande une bourse pour son troisième fils Lucien ; je sais que quoique d'une ancienne noblesse cette famille est pauvre : elle a été long-temps victime des révolutions de la Corse, et de l'exaction des jésuites... KGIDIDS. Mais les réglemens de l'école défendent que deux frères y soient admis en même temps ensuite en mé parlant de ses compatriotes , le petit bonhomme m'a fait encore l'autre jour une réponse très-irrévérencieuse... [Il se lève.) Air : Garrick. Il nie vantait leurs vertus et leurs mœurs; Je répliquai : Saus doute, ils étaient braves ; Mais les Romains, disent nos vieux auteurs, N'en voulaient pas même pour leurs esclaves. Je crois le meltre eu vain dans l'embarras ; Il me répond alors, d'un ton de maître , Que si les Romains, en ce cas, Pour esclaves n'en voulaient pas , (l'est qu'ils n'étaient pas faits pour l'être. Lli PRINCIPAL. Mais j'entends la voix des élèves qui sortent des classes du concours, et qui viennent nous apporter leurs copies... Messieurs et mes frères, la séance est levée. (On «iilcud un son de cloche, tous Us frt-rcj quitlent leuil slfyfs ' ( B ) SCÈNE II. Les mêmes, DARBEL , DE LESTRADE, DUHAUSSET, DEVERVILLE , DELIGNOL, ÉLÈVES. CHOEUR. Air : Ilalancez-voiis. Amis, rentrons ; la cloche retentit ; Oui, voilà l'heure qui nous appelle;. Au rendez-vous que chacun soit fidèle : On doit rentrer quand on entend ce bruit. LE PRINCIPAL. Messieurs, son excellence le ministre de la guerre daigne visiter aujourd'hui notre école, et désigner les élèves capables de passer à l'école de Paris... Songez tous à vous montrer dignes de son choix. /EGIDIUS. Oui, jeunes gens, et comme monseigneur ne pourrait guère juger de l'école si elle était en prison, on veut bien vous faire grâce des arrêts et des pinsums de ce jour. TOUS. Merci, monsieur le principal. LE PRINCIPAL , aui membres. Suivez-moi.., Et vous, messieurs, préparez vos esprits suivant les questions cpie vous aurez h soutenir. (Les professeurs sortent.) IMM LES ÉLÈVES. Vive M. le principal ! ( 9 ) SCÈNE III. DARBEL, DE LESTRADE, DEVERVILLE, DUUAUSSET, DELIGNOL. (Dans le courant de cette scène les uns dansent a la corde . d'autres jouenl à ditVcrens jeux.! DARBEL- Eh bien,... tu es joliment clanipin, Lestrade,... toi qui devais si bien leur parler... LESTRADE. Laisse-moi donc tranquille,... je pensais à ma copie... 0 mes amis, quel pensum! DARBEL. Est-ce qu'il y a des fautes ?... LESTRADE. Non, c'est qu'il y a un bonhomme... la charge du frère /Egidius... Il est ressemblant à faire peur... DUUAUSSET. Ça n'est pas beau de se moquer des maîtres... surtout quand ils peuvent le savoir. DARBEL. Ça vaut encore mieux que de caponner, M. Diihaussel- TOUS. Oui, oui... c'est un capon;... il redit tout aux frères... DUUAUSSET, 4 part. Gare les taloches... [Haut.) Vous me cherchez querelle parce que vous savez que je ne suis pas fort... DEVERVILLE. Non , mais parce que tu es un espion, DfiLIGHOL. El un flatteur... ( io ) HAItlIliL. El nous, si nous allions dire que Bonaparte te résout ions tes problèmes... DUIIAUSSET. Tiens,... je lui prête des thèmes cl des versions,... je fais ses devoirs latins. LESTRADE. Aussi on dit qu'il n'est pas fort. DARBEL. Avec tout ça nous avons perdu l'occasion de parler pour le capitaine Morel,... un si bon instructeur,... qui nous aime tant. DEVËHVILLE. Et qui joue avec nous aux barres. LESTRADE. Damel.. si les maîtres veulent le renvoyer , je ne sais pas trop comment nous pourrions l'empêcher. DARBEL. N'importe , il ne faut pas le souffrir. TOUS . hors Lrstr.ulr ri Duhamel. Nous ne le souffrirons pas. LESTRADE. C'est ça... Faisons tout de suite une coalition a main armée, et puis on nous mettra au cachot pour un mois. DBLIONOL. Tant pis donc ... Du moment que nous y serons ensemble, nous nous amuserons. DARBEL. îl a raison , au fait.... Vive les arrêts peur s'amuser'.. Air : Restez, restez, troupe jolie. Ici, quant! on quille son livre, < .i l it s, les jeux semblent bien doux ; Mais au plaisir quand ou se livre Vient un maître, et, dans son courroux, Pour rii'ii il vous met à genoux. ( Il ) Sous les verroux au moins personne N>' peut troubler notre gatté. Vile, amis, qu'on nous emprisonne, Pour jouir de la libel lé. TOUS. Vite, amis, qu'on nous emprisonne, Pour jouir de la liberté. DELIGNOL. D'ailleurs, ça fait que Lestrade pourra jouer de la flûte à son aise. LESTRADE. A propos de flûte,... si vous voulez,pendant qu'il n'y a là ni maître d'étude, ni chien de cour,,., je vais vous jouer un air qui est à la mode a Paris : O ma tendre muselle ! DARBEL. Tiens, je ne le connais pas... l.ESTRAUE. -le crois qu'il a été fait pour une chanson de M. de La Harpe. (Il va pour frt'donncr. ) M MIEL. Tais-loi donc,... pensons donc plutôt au capitaine... Ah ! si Bonaparte était là!... LESTRADE. Àhoui!.. ton Bonaparte,., encore un laineux connaisseur !.. II dit que je l'ennuie avec ma flûte,.. et puis, il nie donne des coups de poin^pendant toutes les récréations. DUIIAUSSET. Eh bien!. . faut l'aller dire... LES'JTIAPH. Non , tuais je n'ai pas été fâché tout de même quand on l'a mis aux arrêts,... ça m'a procuré un relâche. DIRBEL Je te dis que Bonaparte est un bon enfant., et qu'il trouverait un moyen de sauver le capitaine... C'est comme dans nos cornbals à boules de neige.. C'est toujours lui qui compose les plans d'attaque... ( '2 ) LESTRADE. Chut !.. écoulez donc... II me semble que j'ai entendu.., BONAPARTE , on dehors. Merci, merci, mon digne professeur.,. TOUS remoiiU'iil la scène C'est lui... c'est le petit caporal. SCÈNE IV. Les Mêmes , BONAPARTE. Bonaparte. Aia : de la Vieille-. Je le revois, salle d'étude D'où trop long-temps j'ai déserté. Mon cœur aime la solitude, Mais c'est avec la liberté. L'esclavage est pour moi trop rude; Je veux l'air de la liberté. Qui, j'ai besoin de liberté. ( Jiers compagnons de plaisir et de gloire , De vos trois jours racontez-moi l'histoire. (''"•; Vous m'avez dit, si j'ai bonne mémoire : Ah ! dans nos jeux, dans nos travaux , crois-moi, Nul de nous ne vaincra sans toi. Ah ! dans vos jeux, vos travaux, je le croi, Vous n'avez pas vaincu sans moi. {Mi.) TOUS. Mous t'attendions. BONAPARTE. A la bonne heure,... j'aime qu'on soit de parole;., nos combats ne pouvaient pas continuer, votre caporal fin chef était prisonnier. DEVERVILLB. Aussi nos bastions de neige sont testés intacts. BONAPARTE. Les autres ne sont pas venus les détruire;... c'est une faute... I.ESTRADE. Mais va l'accident de ton arrestation... BONAPARTE. La guerre se, compose d'accidens; c'est h l'ennemi à savoir en profiter. Camarades, vous êtes prévenus qu'à la première rencontre nous les fiai Irons... DSVERYIM.K. C'est convenu, caporal. TOCS. C'est convenu, caporal. DUI1AUSSËT. C'est qu'ils disent qu'ils nous avaleront... BONAPARTE. Nous nous mettrons en travers... IXELIGNOL. Ce pauvre Bonaparte ! a-t-il dû s'ennuyer au cachot !.., au pain et à l'eau !.. BONAPARTE. Je ne m'en suis pas plaint,... et puis d'ailleurs j'ai ruminé un plan d'attaque. LESTRADE. C'est ça... encore ses boules de neige dans le nez,... et puis j'aurai les doigts si engourdis que je ne pourrai pas jouer de la flûte.. BONAPARTE, Toi, tu ne sors pas de la flûte. Si je suis jamais général pour tout de bon, je te nommerai fifre., et ça viendra peut-être.. DARBEL. C'est ton petit doigt qui te l'a dit ? BONAPARTE Non... Mais celte nuit.. Oh ! mes amis,... le beau rêve que j'ai fait ! (Ici tous tel élèves rnlourcnt Bonaparte el l\ coulent eu silence. ) ( »4 ) Ain : Merveilleuse dans ses vertus. () mes Moiti écoutez-moi : Mon j«uue front, relie nuit même , \ ceinl le plus bean diadème, ( ar j'ai rêvé que j'étais roi ; Mais roi, que viensjc de dire ? Ah! plus haut j'étais monté, Car c'elait un grand empire Que créait ma volonté. Tontes les voix semblaient s'unir ; Elles me proclamaient grand homme Le pape même , quittant Rome , Venait exprès pour me béuir. l'our éclairer celte fête Un soleil brillant a lui. Chacun admire et répète : Toujours le ciel est pour lui. De mon peuple , jusqu'au saint lieu . J'cnlends les aceens unanimes Qui font seuls les rois légitimes, Car sa voix est la voix de Dieu. Déjà la couronne est prèle; Tîlle brille sur l'aulel. J'y nionle ; elle est sur ma tète : Je ne suis plus un mortel. Le canon cent fois frappe l'air; D'en haut les hymne* se confondent, Et d'eu bas des voix leur répondent : Peuple, de lui tu seras fier. Des rois formaient, dans ce rèvr . Mon cortège triomphal. Un coup de foudre l'achève ; Je redeviens caporal..... Le réveil, hélas! fut trop prompt. < ) mes amis ! Dieu me pardonne , Je crois encor de la couronne Sentir l'empreinte sur mon front. DAKBEL. C'est ça. 11 croit aux rêves... à ln fatalité... BONAPARTE. Si j'y croyais, quand je suis à un troisième titane y De me donnerais pas la peine de descendre l'escalier... En se jetant par la fenêtre on est plutôt en lias. DKfUITILLI Quant à moi, je n'ai pas besoin de rêver que je Miis vicomte et millionnaire;... en voilà la preuve. DUI1AUSSKT. Qu'est-ce que c'est que ça? niiVERVMXE. t ne lettre qui m'apprend que mon frère aîné vient de mourir... DIUAUSSET. ('.'('si joliment heureux pour toi, ça... BONAPARTE. Alni, je suis content de n'être pas riche;... au moins je peux aimer tous mes frères... IM11HEL. Ne vas-tu pas trouver ça mauvais... D'abord, lu aurais contre toi tous nos premiers législateurs... BONAPARTE. Mais j'aurais pour moi la nature, qui veut que les en- fans d'un même pere aient droit a une part égale de ten dresse... LESTRAPE. C'est possible ;.. mais il y a long-lciftps que c'est comme ça... BONAPARTE. Raison de plus pour que ça change bientôt... Il me semble qu'il y a un beau code à faire en laveur de la jus- lice et de la raison; celui qui pourra y attacher sou nom est sur de l'immortalité. I.ESTRADE. Ne veut-il pas être législateur aussi, il ne laissera rien à faire aux autres, beureiisement qu'il n'a pas encore cinq pieds. . • DARBEt.. Messieurs, on marche dans le corridor... Si c'était frère /Egidius... A nos places... (Tiau lel «'kî'M folit VI mi u.rmrnt ; ( i6 ) LESTRADE , regardant 1 la eantonnade. Eli non! c'est le capitaine Mord qui vienL ici... avec sa GUe, je la reconnais à son costume des demoiselles de Saint-Gyr... TOUS , allant à la porte. Le capitaine !... SCÈNE V. Les mêmes, LE CAPITAINE MOREL , JOSÉPHINE. TOCS , l'entourant et lui serrant la main. Bonjour, capitaine,., bonjour... MOREL. Mes bons amis, que de plaisir j'éprouve à vous revoir!.. Forcé d'accepler ma démission,., je pars avec ma fille... que mon malheur frappe aussi... D'après un ordre supérieur Joséphine ne fait plus partie des élèves de Sainl- Cyr... DAllBEL. Comment, on la renvoie! c'est une indignité!... J06ÉPIIINE. Aussi, j'ai bien pleuré en m'éloignant de mes bonnes amies... celte pauvre Élisa Bonaparte surtout qui ne me quittait jamais!.. BONAPARTE. Vous êtes l'amie de ma sœur Élisa;.. touchez-là , mademoiselle... JOSÉPHINE. Avec plaisir monsieur. ( Bas à son père. ) C'est donc la monsieur Bonaparte dont Élisa me parlait tnnli'.. Il est drôle le petit caporal!., avec son air décidé. (Haut.) Elisa me le disait bien que vous étiez élevé militairement. HOML. Je m'en vante... BONAPARTE. Plus tard, capitaine, vous pourrez peut-être dire ça . quand nous en serons h la poudre à canon. C n ) LESTRADK. Pour le moment nous n'en sommes encore qu'aux houles de neige. BONAPARTE. Nous verrons... quand j'aurai cinq pieds... JOSÉriIINE. On grandit si vite;... et vous, M. Bonaparte, vous devez grandir... MOREL. Tu dis vrai, ma Joséphine... BONAPARTE. Vous vous appelez Joséphine? JOSÉPHINE. Oui, monsieur... BONAPARTE. C'est un bien joli nom!... je ne sais pourquoi... il me plait plus que tous les autres... JOSÉPHINE. Vraiment!... BONAPARTE. Am : dé l'Angélus. Oui, ce nom qui séduit mon coeur Me fait penser au mariage; On dirait que c'est du bonheur Pour l'avenir qu'il me présage : Aussi, je veux, si je deviens époux, Que la femme qu'on me destine Soit douce, aimable comme vous , Et qu'on la nomme Joséphine. MOREL. Ce qui me chagrine, c'est que ma fille soit punie d'une faute que seul j'ai commise... à ce qu'ils prétendent... BONAPARTE. Voila encore une injustice... Si j'étais quelque chose... Ions les enfansde nos braves militaires seraient élevés aux frais de l'état indistinctement ;... une bonne éducation leur servirait de dot. ■x ( «* ) M0IIEL. Oui,... mais je ne m'abuse pas, le ministère ne me pardonnera jamais d'à voir M'y voilà... DAHBEL . allant Rf plarT di'fanl In Intil». BONAPARTE. Air : du Piège, Vn soldat qui n'a que l'honneur, Qui versa son sang pour la France, Fut insulté par un jeune seigneur : Fnire eux disparut la distance; On se hallit , niais jugez, monseigneur, I)* mal coté se trouvait lu bassets* : 4* ( >9 ) Lorsque l'un sauvait son honneur, L'autre avait perdu sa noblesse. l'otir un écrit que I ou dut accuser Il s'est des lois attiré la vengeance ; En sa faveur ici daignez user Du droil si beau de la clémence. De noire école, 6 vous le protecteur! Auprès de nous ordonnez qu'on le laisse Nous donner des leçons d'il mineur .* C'est le premier des titres de noblesse. ( A la fin des couplets, tous les élèves , groupés autour de Darlii I . applaudissent avec Ulratrx ia int Bonaparte donne la main au rapilaiif . qui paraît »t tendri. i DARBEL. C'est écrit____ BONAPARTE , prenant la plume. Je vais signer. (// signe.) A vous autres, maintenant. { Pendant que les t'dèves signent. I MORF.L Je peux, mes enfans, ne pas obtenir celte demande, mais ce que vous venez de faire pour moi satisfait plus indu cœur que le brevet de directeur de l'Ecole. l)ARBEt.. Nous avons tous signé. BONAPARTE. Darbel, va dire de ma part à Bourrienne de parcourir les cl.isscs : que Ions les élèves niellent leur paraphe. Si quelqu'un s'y refuse, vous viendrez me le dire, et nous verrons.... DABBEL. Soyez tranquille , capitaine ,• je vais parler à notre chef d'étude Pichegru.... Jl vous veut du bien. JOSÉPHINE , à son père. Elisa a raison , c'est un vrai démon; il fait tout ce qu'il veut. HOREL. El Ce qu'il y a de mieux , c'esl qu'il le fait faire aux autres. C »o ) PARBEL. Air : de la Lune (te Miel. Partons, amis, et ne habillons plus. De main en main que la demande passe. Oui, mais surtout, en entrant dans la cUue . Gare aux pinsums du frère /Egidius. ( A Bonaparte. ) Je suis content de ta pétition : Ce n'est pas un si grand problème , Et je sens là qu'une bonne action C'est plus agréable qu'un thème. ÎciiŒun. Parlons, amis, et ne babillons plus, etc. MOBEL, JOSÉPHINE. Allons, partez, etc. ( Tous les élcTes sortent , excepté Bonaparte. ) SCÈNE VI. BONAPARTE, MOREL, JOSÉPHINE. BONAPARTE. Nous voilà seuls.... Ah ça! maintenant, à nous doux, capitaine : savez-vous que je ne suis pas content de vous? ( Il prend line altitude. ) JOSEPHINE. Comment, vous allez gronder mon père, à présent ! BONAPABTE. Oui, parce qu'il le mérite.... D'abord, pourquoi s'esl- il battu en duel ?... pour prouver qu'il était brave... L'ennemi le sait. MOREL. Ne devais-je pas défendre mon honneur? BONAPARTE. C'est-à-dire le compromettre en le confiant au hasard. Et si vous aviez succombé, monsieur..., que seraient devenus votre fille,... vos élèvesnos parties de balles ( *I ) et celle France qui aura peut-t ire besoin de vous?... car, vous me l'avez dit, un orage se prépaie,.... il grossit.... liniin, je ne comprends pas encore bien la politique, mais ça viendra.... JOSÉPHINE. Oui, quand vous serez général et que vous aurez cinq pieds. BONAPARTE. Alors il n'y aurait pas de dispute pour les rangs dans mon armée : Air : J'en guette, un petit Je mort âge. Qu'il soit ou non de naissance commune, .Tout bon soldat pics do moi parviendrai! ; Chacun serait officier de fortune ; A la mienne il s'attacherait.... Il n'aurait pas de titres illusoires; Car, au milieu de nos combats , Je donnerais à mes soldats Le nom de toutes leurs victoires. JOSÉPHINE. Tiens , c'est une jolie idée ! BONAPARTE. Ce n'est pas tout encore.,. , capitaine, on parle d'un pamphlet de votre composition... MOltEL , riranMnt Un pamphlet!... C'est une calomnie. J'adressais ou roi un mémoire dans lequel je lui désignais comme indignes de ses bontés ces hypocrites qui , sous le masque de la religion , cherchent à s'emparer de tous les pouvoirs ; celle race maudite , cnliii , qu'on chasse et qu'on retrouve partout.... Ma seule espérance sera de faire valoir mes anciennes campagnes... Je pourrai peut être trouver encore des protecteurs dans la famille du prince de Soubise sous lequel j'ai servi... BONAPARTE. Jolie protection que voire prince de Soubise 1... Commandera des Français, cl perdre une bataille de llosbach! ( » ) MOREL. Caporal, vous n'êtes pas capable encore de juger une pareille campagne ... BONAPARTE. Votre prince de Soubise était un ignorant ; la preuve, c'est qu'il a manœuvré pour le roi de Prusse. MOREL. Je voudrais v ous y voir... L'ennemi dans une position superbe !... BONAPARTE. Il fallait l'en faire déloger! MORE!.. Et le moyen !... on nous mitraillait.... BONAPARTE. Le moyen ?... Tenez , voilà justement une carte. (A Joséphine. ) Mademoiselle a sans doute des épingles ; suivez bien les mouvemens... • JOSEPHINE. C'est ça,... je conduis les deux armées. MOREL, prenant la carte et la plaçant sur la table. Voyons, monsieur le tacticien, que je vous montre d'abord les positions du prince de Soubise... { Pimlant les couplet*, Joséphine distribue d*'s épingles à Bonaparte. } Ara : du Hussard do Felshcim, MOREL. Un corps à droite , mi à franche : Voilà mes Français placés. BONAPARTE. An centre l'ennemi fauche. Vos Français sont terrassés.... ( Ici le lainbourct la trompette se font entendre « l'orchestre pendant que Boos- parle plaiïte des épingles sur la carte. ; Prenant celle batterie, I! fallait placer ici Vingt pièces d'artillerie i}ni foudroyaient l'ennemi. ( «3 ) # MOREL, à part. C'est cela! {bit.) | Comment peut-il «voir cela! a \ BONAPARTE. C'est cela ! Ah ! pourquoi n'élais-je pas là ! BONAPARTE. Maintenant, changeant de roule Et sur le centre chargeant Pour enlever la redoute, Nous marchons tambour battant. | Même jeu. Bonaparte s'anime davantage en linisaaul et eliplit. ) Tournant l'ennemi par ruse, Tandis qu'il me ci oit surpris, A me poursuivre il s'amuse, J'avance, et Rosbaeh est pris! MOREL , à part, arec étoniiement. C'est cela ! {bis.) Comment peut-il savoir cela ! BONAPARTE C'est cela ! {bis.) Ah ! pourquoi n'élais-je pas là ! BONAPARTE. Ma réserve est épargnée ; Jslle offre un dernier combat, El la bataille est gagnée... JOSÉPHINE, montrant une épingle. Je n'ai plus qu'un seul soldat ! BONAPARTE. Dans l'ardeur qui me dévore , J'aurais l'ait bien du chemin.... Un cent d'épingles encore, Et j'arrivais à ]!erlin ! C'est cela ! {bis.) Ah! pourquoi n'élais-je pas là! MOREL. C'est cela! {bis.) ( lomment peut-il savoir cela ! ( A 11 •» "I" UilltliM ronplel . Bonaparte imbraMl tendrement la capilli» ( *4 ) M011ËL. Ma foi, caporal, je m'avoue vaincu,.. et je vous rends les armes... JOSÉPI1LNE. Et moi, je reprends les deux armées. Justement, voici tous les élèves qui reviennent... SCENE VII. Les mêmes, tous les élevés. DARBEL. Bonaparte ! Bonaparte ! voilà le ministre qui va entrer dans l'école ; on bat le rappel. BONAPARTE. C'est le moment de lui présenter la pétition.... Est-elle signée ? DAHBEL. Ah ! bien oui... Air : de Marianne. Nous avions fait signer Bourienne ; Du capitaine il est l'ami : Tous les élèves de Bricnne S'apprêtaient à signer aussi. j Au capitaine. ) Chacun croyait Que ce placet Vous sauverait.... Quand jligidius paraît, Il le saisit, Il nous poursuit Dans sou courroux , Et veut nous punir tous ! Bref, loin d'obtenir pour un autre La grâce que l'on désirait, A présent je crois qu'il faudrait Solliciter la notre ! (ter.) BONAPARTE. Maladroits!... laisser saisir son plan de campagut .. #* ( ** ) DAHBEL. Que veux-lu?.,. quand il y ;i force majeure... DUUAUSSET. C'est vrai..... on n'ose rien dire. BONAPARTE. C'est un abus de pouvoir; mais la discipline nous oblige à nous taire... Soldats ! à vos rangs! MOREL. Au moment de la distribution des prix..... craignez de vous compromettre auprès des Frères... { Pendant le rou plet suivant , tous les élèves sortent, et reviennent iivec des fusils. } BONAPARTE. Air : Entendez-vous, c'est le tambour. ( De lu Fiancée.) Près du minislre courons tous; Il faut nous soumettre el nous taire : Nous nous reverrons, je l'espère... A le fêter préparons-nous. MOREL ET JOSÉPHINE. Comptez toujours sur ma reconnaissante. BONAPARTE. Chez le concierge, attendez mon retour : Ne perdez pas toute espérance... f Aux élèves : ) Entendez-vous résonner le tambour ? { Il commande : J Portez armes!... à droite alignement 1... par le liane droit ! par file à gauche ! pas accéléré !... marche ! (La pttitc troupe le met en mouvement, le tambour en tête de la eolonne. Ils délitent avaut Bonaparte à leur tèle. Le capitaine et sa tille sorteiw du côté opposé.) UN DU PREMIER TABLEAU. ( * ) DEUXIÈME TABLEAU. I.e ihéàlre change et représente une galerie fermée ; au tond , dut faniliM gothiques. SCÈNE VIII. DARBIiL, LESTRADE, DUHAUSSET, t ous les élevés. DAB1IEL. Par ici, mes amis , par ici ! Dites donc , il a l'air bon enfant le ministre. Qu'est-ce qui veut aller lui demander la pétition?... Il nous la fera rendre... DGUAUSSET Moi, je n'y vas pas.....Si les maîtres n'étaient pas les plus forts, à la bonne heure .. DAIUIKI,. Ce n'est pas tout ça qu'il faut faire... Si nous envoyons une dëputation à son excellence, on est dans le cas de donner un pensum à l'ambassadeur. LESTIt ADE. Et personne n'a envie de la gober. DARBEL. Je propose autre chose... une révolte. LESTHADE. Oui., ça sera amusant... ( -1 ) TOUS. Révoltons-nous... DARBEL. Quand monseigneur verra que c'est l'école en masse qui se soulève,.... il demandera des explications, et nous traiterons de puissance à puissance avec lui... LESTRADS. À la bonne heure,., il y a de la dignité dans notre l'ail.. DARBEL. Ainsi, c'est convenu; nous nous révoltons... DEVERVILI.E. Et quand cominencera-t on ? DARBEL. Tout de suite, messieurs... L'école en masse a été insultée par un professeur,... à bas les professeurs ! TOUS. A bas les professeurs ! DARBEL, A bas le frère jEgidîus! c'est un tyran. TOUS. Oui, c'est un tyran ! DARBEL. A bas les capons ! TOUS. A bas les capons ! DUIIAUSSET, à put. Bon ! je vas l'aller dire. (Il aori.) TOUS. A bas les livres !... à bas tout!... (Ils vont cl viennent pu hou le» v riant [es tirgei et lei HfrMi } SCÈNE IX. Les mêmes , BONAPARTE. BONAPARTE. Eh bien! messieurs. d'où vient tte tapage ? (Jiie r* ( ) voile ! y pensez-vous ?... Mais vous compromettez le sort du capitaine... Vous m'avez nommé votre chef;... je vous ordonne de rentrer dans le devoir... ou je romps avec vous. DARBEL. Mais frère /Egidius a la pétition. DEVERVILLE. 11 va nous dénoncer. DELIGNOL, On nous vexera. BONAPARTE. Mais plusieurs de vous seront chassés de l'école. DARBEL. Bah!... C'est vrai, au fait... nous n'y avons pas songé... BONAPARTE. La révolte doit nous perdre,... l'adresse peut tout sauver... DARBEL. Il a raison , plus de révolte ! TOUS. Plus de révolte ! DEVER VILLE. Messieurs, voilà M. le principal, voilà les maîtres. SCÈNE X. Les mêmes, LE PRINCIPAL, /EGIDIUS, PATRAULT, LES FRERES MINIMES. LE PRINCIPAL. Messieurs , je viens d'apprendre qu'une coalition s'était formée parmi vous... La présence du ministre, loin de servir vos coupables desseins, ne fera qu'ajouter à la sévérité de notre justice... J'ordonne qu'on me nomme le chef de la révolte;. ( *9 ) £«II)!CS. Le chef!... parbleu, esl-ce donc si difficile à deviner ? c'est RI. Bonaparte ! BONAPARTE. Eh bien!... qu'on me punisse... le.Giows. „ C'est lui ! j'en étais sûr... LE PRINCIPAL. Au moment où le ministre vient de prendre en considération la demande de votre père,... vous osez vous mettre à la tête d'une insurrection... Ignorez-vous que c'est fermer à votre frère Lucien les portes de l'école ?.., BONAPARTE. Je n'ai pas dit rpie je fusse l'auteur de la révolte; mais je suis coupable d'avoir dicté la pétition qui l'a causée. Î.E PRINCIPAL Je demande le nom du chef de ce complot... BONAPARTE. Puisque vous le voulez absolument, c'est moi... . DARBEL. Eh bien!... noi!... ce n'est pas lui... Bonaparte cherche à nous excuse*, tandis que lui seul est innocent... Oui, si sa voix ai nous eut pas fait rentrer dans le devoir, vous auriez ;u un grand désordre à punir mais il nous a rappelé jue nous devions à nos maîtres obéissance et respec' et nous nous sommes soumis. KdlDIUS, à pan. Décidément y a quelque chose à faire avec ce petit bonhomme 1; PATRAIJLT. ( A la bonn ^ire !... je vous crois, monsieur Darbel. Je le connais ir ible d'un acte d'insubordination. TOUS LES ELEVES. C'est vrai, 'est vrai !... rî?WPfe;.*.C V ■ ( 3o ) i.e principal. Je le pense aussi!., mais j'étais vomi pour punir. BONAPARTE. Monsieur le principal, ils sont innocents comme moi. ou je suis coupable comme eux. LB PRINCIPAL. J'entends , je ne puis vous l'aire grâce sans la leur accorder aussi. Eh bien! j'oublie leurs torts... TOCS LES ÉLÈVES. Vive monsieur le principal ! i.k MMClMb Je retourne auprès de monseigneur... tenez-vous prêt» pour l'inspection. BONAPARTE . aux Mimi Allons préparer nos armes... ( Lv prioeipul, jEgilliua t't 1rs « IcTil lonenl. ) SCENE XL , BONAPAOTE, PATRAULT. ( Il îirri'ie Ronap.inr qui t:i po-» »ortir, ) (J) ?«l -n&fe TviJe ' ! : ' ■ ' H%â «*"-ci'f! "t\:h tm h .j-ihO PATRAL'LT- (!n moment, mon jeune ami,., j'ai, ais à vous parler. BONAPARTE. Je vous écoute... PATRAOLT. Voire famille n'est pas riche... BONAPARTE. Elle devait tout à son pays,., elle a sacrifié pour lui... Ce n'est pas un don, c'est une re> ,, ion qu'elle a l'aile. PATRAL'GT. 'I ! Oui, mais chargés d'un grand non' d'enfam, vo» ■s ( 5! ) parcns ont bien assez à veiller sur vos frères;... encore un jour, et une nouvelle carrière va s'ouvrir pour vous____ Voulez-vous écouler les conseils d'un ami? BONAPARTE. Vous croyez donc que je pourrais aller à Paris. PATBACLT. Ecoutez-moi.'., je suis vieux... Pichegrii qui partage ma chaire de mathématiques, se décide à demander du service au roi. J'aurais besoin d'un second.. Vous... studieux, aimant In solitude, sachant vous l'aire écouler de vos camarades, vous pouvez sans orgueil aspirer à me remplacer un jour... BONAPARTE. Et je vivrais ici... inconnu!.. PATRAl'LT. Mais utile,., on ne brille pas dans le professorat, mais on peut y trouver une existence honorable. BONAPARTE. 11 est si beau de se distinguer,., de faire parler de soi. PATRAUI.T. L'éclat a ses dangers;., l'avenir que je vous offre est plus solide... A force d'études, vous pourrez un jour devenir directeur des classes a l'école;., alors il vous sera possible de soutenir votre famille... BONAPARTE. Si je deviens général... si je remporte des victoires ! .. PATRAUI.T. Mais vos frères... BONAPARTE. Je les élèverai jusqu'à moi... PATBAUl.T, Votre mère... BONAPATRP.. Je voudrais l'élever plus haut. ( ^ ) PATRAULT. \ o.us l'aimez donc bien? BONAPABTIi. Ah! monsieur, elle a droit à tous les genres de vénération, PATRAULT, Ainsi donc, mon ami, vous préférez le tourbillon du monde h la vie obscure mais calme de celle école ? BONAPARTE. Peut-être la regretterai-je, mais pour ma famille je dois aspirer à tout;., car, vous l'ignorez,., elle n'a plus d'espérance qu'en moi. Depuis le jour surtout où mon grand- oncle Lucien me lit promettre de veiller sur elle,., écoutez! il y a déjà bien long-temps,.- mon oncle touchait à ses derniers momens, nous étions rassemblés autour de lui,., mes sœurs pleuraient,.. mes frères étaient au désespoir,., moi, je ne pouvais pas pleurer,.. le cœur brisé... j'étais debout devant le lit du mourant : Joseph, dit-il, d'une voix presqu'éteinte, tu es l'aîné de la famille, mais souviens-toi qu'en voici le chef, et ses yeux se fixaient sur moi... Ce fut sa dernière pensée,., mon cœur la recueillit avec orgueil, cl depuis j'ai toujours senti là quelque chose qui me disait que j'accomplirais tout cela... Air : Des Amazones et ries Scythes. On ne saurait tromper sa destinée; Mes jours iei ne doivent pas Unir. A s'illustrer ma vie est condamnée; L'obscurité ne peut lui convenir. Au premier rang, oui, je veux parvenir, le vois mon nom recueilli par l'histoire "Vivre à jamais comme un beau souvenir. . Lorsque mon cœur a tant besoin de gloire, AU ! laissez-moi compter sur l'avenir! TATRAULT, a»co rnlrainrment. L'avenir!., il sera pour toi, noble enfant!... Je ne te contrains plus , obéis à ton étoile... ( 33 ) SCÈNE XII. Les mêmes , jEGIDIUS. /EfMDIES, enlrmil. Mon frère,... M. le principal vous demande. PATRAULT. Je me rends à son désir... ( Il parla bas à Ilonapnilp pu sorlant. ) XGinHIS, à part. Je viens de m'apercevoir que son excellence veut du bien au petit bonhomme... Employons ici toute mon •adresse, et tâchons de l'attacher au giron de notre sainte église. SCÈNE XIII. BONAPARTE, EGIDIUS. asattnos. Je ne suis pas fâché, mon cher monsieur Bonaparte, de me trouver seul un moment avec vous... D'abord, j'ai une restitution à vous faire; votre belle conduite de tout-à-l'heure m'a pénétré : voilà votre pétition... BONAPARTE. Je vous remercie pour le capitaine... jEiÎIMUS, Ce n'est pas tout ce que j'avais à vous dire... Au mo ment de choisir un état, vous devez avoir besoin de quelque? conseils... BONAPARTE. L'état militaire me convient, je me suis conseillé le canon... ^GIDIDS. Le canon, c'est bien lourd pour vous... Je ne vous ( 34 ) cache pas que dans l'armée vous aurez de? répugnances à vaincre : votre qualité de Corse— BONAPARTE. Corse, dites-vous?... Je suis né en 1769, un an après la réunion de mon pays à la France. Air : Comme il m'aimait. Je suis Français; (Us.) La France est ma terre chérie. Pour elle, si je combattais, Ah ! pour elle aussi je vaincrais. Je veux qu'un jour chacun s'écrie : Pour la gloire de sa pairie, Il fut Français! (bis.) Oui, lWmaparle était Français! .ÏCIIIIUS. Je ne vousdis pas,.. mais ons'obstine à croire que vous naquîtes un an plus tôt que vous ne le dites , et que par conséquent votre qualilé de Français est douteuse... BONAPARTE. Air : t' f Aristippc. Il est à moi ce nom qu'on me dénie ; Oui, je le portais en naissant ; Car mes parens, frappant la tyrannie, L'avaient acheté de leur sang ! n secouant un joug avilissant. Mais je prétends, si quelqu'un à me croire Osait encor se refuser, Des mains niâmes de la Victoire Me faire naturaliser. (bis.) AÎGIIllUS. C'est Tort bien , mon jeune ami, mais il est un état plus heureux «pie celui de soldat. BONAPARTE. Je n'en connais pourtant pas de plus beau... MrOfflt' Dans celui que j'ai en vue pour vous , on combat aussi... l'irréligion,... les erreurs du siècle. Si la puissance a des ( 35 ) charmes à vos yeux, le parli que je vous propose peut seul satisfaire voire ambition. BONAPARTE. Et quel est ce parti ? *Ginius. C'est d'entrer dans les ordres... Air : Un page aimait ta jeune Adèle. Apprenez qu'un homme d'église Est puissant... comme un empereur; Il conduit le inonde à sa guise, lui imprimant une sainte teneur; Il juge et condamne son frère, Par amour pour la charité. Et, pour le bonheur de la terre , Il enchaîne la liberté. ('«'*•) IIONAI'ARTE. Cela ne rac séduit pas. Même air. Je n'aime pas l'absolutisme : Toujours au peuple il fut fatal. Je déteste l'obscurantisme, Car à la France il a fait trop de mal. A son pouvoir faisant toujours la guerre, La presse un jour, vengeant la vérité, Répandra sur toute la terre La lumière et la liberté. {bis.) iGintDS, mrliut. Quand il sera grand, il ne pensera pas comme cela t (Haut. ) Mais réfléchissez où cette carrière peut vous conduire. BONAPARTE. Si c'est de devenir professeur comme vous. ^GtDins. Non,,., le métiernevaut plus rien,... le bon temps est passé;... enfin vous pouvez aspirer à la pourpre!... être cardinal! Un élève de Briennc, cardinal! BONArARTK. El pape!... ( 56 ) «(ÏIDIDS.; Certainement!... BONAPARTE. Oui,... mais il faut trop attendre. J'aime mieux être général , c'est plutôt fait. £GIDICS. C'est cela, général... on se fait tuer ou bien on se fait faire, prisonnier... et l'on va mourir sur une (erre ('Iran gère... BONAPARTE. Air : du Boristhène. Si mon courage est trahi par le son , F.t s'il me faut au loin perdre la vie , Mon dernier vœu sera qu'au lit de morl On me tourne vers ma pairie. Oui, c'est ainsi que je prétends finir, Si l'ennemi me lient en sa puissance, Afiîi que mon dernier soupir ,. , Puisse encor voler vers la France. "' {On entend le mmbotir. ) Ah! mon dieu!... voilà le rappel, et mon peloton qui n'a pas de commandant ! -EGIDIUS. Écoutez-moi, mon cher élève... BONAPARTE. line autre fois, mon digne professeur;... il faut que je retourne à mon poste,., assez! .SGIDIUS. Ce petit drôle là me congédie comme s'il me donnait une audience;... mais voici monseigneur... SCÈNE XIV. LE MINISTRE,LE PRINCIPAL,/EGIDIUS.PATRAULT, FRERES, officif.bs n'/iT at-majob. dit ministru. rnoF.un r>E frères. Air : De monseigneur célébrons la présence; ( 3 7 ) Son arrivée ici comble nos vœux, Prosternons-nous devant son excellence, Et (|ue pour lui notre encens monte aux cieux. LE MINISTRE. Je vous remercie , mes frères, de votre aimable accueil, et je me plais à croire que ma présence cause vraiment ici la joie que vous m'exprimez si vivement. «G1DIDS. Permettez-moi, monseigneur, de vous le prouver en latin. PATRAULT, présentant Joséphine , qui tien) un placel à la main. Votre excellence voudra-l-cllc Lien accueillir le placet de cette jeune personne ? Il vous est adressé au nom de son père, ancien capitaine, et au nom des élèves de celte école. LE MINISTRE i prenanl le placcl. Rassurez-vous, mon enfant, la pétition est trop bien apostillée pour que je ne la lise pas avec le plus vif intérêt. LE PRINCIPAL. Voici les élèves de la 2 e division. SCÈNE XV. Les mêmes, BONAPARTE, DARBEL, LESTRADE , tous les élevés , le petit tambour à leur tête. {Ut onl de f. elits fusils. M ils exécutent des évolutions militaires (|uc commande Donapartc sur un air de marche J BONAPARTE. Aile !.. front !... portez armes! présentez armes ! .. {Roulement.) LE MINISTRE. Bien , mes jeunes amis... J'aime cette réception militaire cl franche; je suis contenl de vous, j'espère que vous le serez de moi. ( 38 ) LE PRINCIPAL. Monseigneur, voici les noies. LE HINISÏRE, linnl. « Dubausset !.. » ( Uutiauasrt sort (kâ rallRs. ) iCGIDIUS, le présentant. Le voici, monseigneur;., il fait des vers latins connue Virgile. Ils ne sont peut-être pas aussi beaux sous le rapport de la pensée; mais il est impossible d'en trouver de mieux scandés. LE MINISTRE. C'est à merveille!.. (A Duhaussct.) Maintenant, mon ami, il faudra vous occuper de choses utiles.. /EGIDIUS. Merci, monseigneur. LE JUNÎSTRIi , li»:iRt. « Julien Darbel ! (Darbel sort des rangs. ) a Uni ses classes,., mérite d'être particulièrement recommandé. » Monsieur Darbel, nous récompenserons vos progrès... (Darbel s'incline.) « Honoré de Leslrade ! (Leslrade son desrangs.) donne des espérances. » (A Leslrade.) Nous ne vous refuserons pas des encouragemens... (Lisant. ) « Napoléon Bonaparte !... » (Bonaparte s'avanee.) FATRAULT. Vous le voyez, monseigneur;... c'est un de mes meilleurs élèves. Daignez prendre connaissance de la note ) BONAPARTE. cd ri.ut. Mon éloilc vous protège. Vous avez pour vous César et sa fortune. TOUS. Aux armes -' LESTRADE. (Bruit de Irompelleau druorg.) Encore une onglée. f Ht sortent tous M dOsoru're.) FIN DU BliUXliiME TABLEAU. ( 4* ) TROISIÈME TABLEAU. Le Théâtre change et représente la grande cour de l'école, couverte de neige. Au fond, à gauche, la porte d'entrée, en avant de laquelle on vient d'élever des fortifications. (Voir le tableau de M. Horace Vemet. ) SCÈNE XVII. BONAPARTE, DARBEL, LESTRADE. (Tout leurs camarade! partages en deux armées font la petite guerre eu se jetaul des lioules • de neige. ) CIIOEDR. Air : Au galop. Mes amis, bombardons Ces jeunes bataillons, Faisons le siège Du collège; En adroits arlilletirs Frappons nos agresseurs, Avant peu nous serons vainqueur». BONAPARTE. Le ciel dans sa rigueur Seconde nolta' ardeur, Et les munition-. Noua tombent 1 par Qocons, cran. Mes amis, bombardons, etc. ( 43 ) DARBEL. Si l'on en vient aux mains, Ah ! montrons-nous humains; Car tous nos ennemis Ont les doigts engourdis. CHOEUR. Mes amis, bombardons, etc. [Pendant 1rs couplets, Leslrade et drui autres élèves sou! sur l« devant , occupés à faire des boules de neige. ) DARDEL. Je crois que l'aile droite commence à plier. BONAPARTE. Mes amis, il finit enfoncer le centre... En joue!.. ( Tous les élèves lèvent le Lias droit.) BONAPARTE. Feu! (Toutes les ljoulrs de ueige parlent ensemble et vont frapper les écoliers nui sont dans le fond. ) BONAPARTE. J'espère que voila une artillerie bien servie. BARBE!,. Dis-donc , Bonaparte, je viens d'attraper le général ennemi au milieu du visage. ( Grand bruit. Tous les élèves crient et rient. ) Ah ! ah ! ah ! DEVERV1LLE. Il a le nez couvert de neige. I.F.STRADE. Et moi je viens de faire tomber sur la glace deux petits gamains de la troisième division qui voulaient se rebiffer. DARBEL. On les amène prisonniers ; il y en a un qui soigne ai* nez. ( On imène deux petits élèves. Tous se moipjent des p risouuiers. ) BONAPARTE , ôlanl son rhapeau. Honneur au courage malheureux! ( Ils passent an milieu d'une escorte.) ( 44 ) DARBEL. Où faut-il mettre les prisonniers? BON APABTE. Dans la cabane du jardinier, avec les brouettes et les râteaux... tu placeras une sentinelle à la porte. ; On entend un roulenv'nl de laiuliour ). BONAPARTE , tpièf le ruulemerit munte sur une bulle de neige et fait une Jirodam 'lion. Soldats! vous avez justifié mon attente et répondu dignement à ma confiance. L'orgueil trop long-temps souf- iert de la classe de latinité, s'est vu rabaissé par la classe de mathématiques. Tant que vous serez animé du même esprit de justice, rien ne pourra vous résister , la victoire restera fidèle à notre étendard , et je dirai un jour : J'ai commandé aux premiers soldats du monde ! | Roulement. ) TOUS. Vive notre général! LKSTRAOE. Tout cela est superbe , mais vous voyez un héros h moi- gelé. Ah!ah! ah! BONAPARTE. Va le chaufler chez le concierge, au quartier-général. Je ne connais pas deux frileux de ton espèce. LESTRADË. Si lu avais (ait comme moi, depuis le malin, des boules de neige pour tous les corps d'armée. Ain : Je loge au quatrième étage. J'ai cette main toute transie. DABBEL. Moi j'aime beaucoup ce tentps-lj'i. I.ESTRADE, (l'est qu'il neige comme en Russie. BONAPARTE. Devons-nous songer à cela? lié gelé. TOUS, en ( 45 ) Amis, sur un champ de bataille Il faut savoir se signaler; L'hiver ainsi que la mil raille Ne me feronl jamais Iremliler. (Ici 4m Ixmlcs de neij>e toml>enl M quantité ïur Ici éwfN qui entourent Bonaparte. J DARBEL. Mes amis, c'est l'arrière-garde qui jette son dernier feu. I.ESTRADK Général, l'ennemi se rassemble sur tous les points, il opère un mouvement du côté du réfectoire. BONAPARTE. Qu'on le poursuive en masse, il ne faut pas laisser de victoire incomplète, ramassez la neige, tirez à bout por tant, et que tous les morts viennent nous faire leur soumission. rocs. Ah ! ah I ah ! ( Ils sortent tous en jetant dis 1......^ de neige dlhl If roulisse n gauelie. j BONAPARTE. Reste auprès de moi , Darbel. DARBEL. Il le faut bien , puisque tu m'as nommé ton aide- de-camp, UN ELEVE, au fond, qui eut resté en sentinelle. Qui vive ! DAUBEI.. Laissez passer, c'est le capitaine Morel. SCÈNE XVIII. NON APARTE, DARBEL, LE CAPITAINE MOREL, JOSÉPHINE. JOSÉPHINE. Venez . venez , mon père , voila votre libérateur. ( 46 ) LE CAPITAINE, ù Bonaparte. \h ! mon ami , que ne vous dois-je pas ? Je suis réin- légrédans ma place...Mais (pie faites-vous ici ?... On distribue les prix... Venez, nousaurons encoreà vousapplaudir. VOIX , en dehor». 11 a le prix ! il a le prix ! SCÈNE XIX. Les mêmes, LESTRADE, une couronne a la main. LESTRADE , accourant. Air île la Sentinelle . Ah! It; premier que je l'embrasse ici; En ce uniment rien n'égale la gloire. Par ses lalens Bonaparte aujourd'hui Sul remporter une double vicloire : En classe, au camp sou mérite est égal, Et le destin qui toujours le protège Décerne au petit caporal Et la palme de général Et la couronne du collège. ( II! sVnibrasieiit. ] LES VOIX du detiori. Il a le prix ! il a le prix ! BONAPARTE. \ oilà mes camarades. les mêmes. il a le prix ! ( 47 ) SCÈNE XX. BONAPARTE, LE CAPITAINE, PATRAULT, JEGl- DIUS, JOSÉPHINE, LESTRADE, DARBEL, tous LES ÉLÈVES DE 1.'ÉCOLE. { Lri élève* portent des couronnes : ill entourent Bonaparte. ) CHOEUR GENERAL. Ain : En avant lion courage (de Trois Jours en une heure.) Pour lui la chance est bonne ! fl a le prix d'honneur : Plaçons cette couronne Sur le Iront du vainqueur. RONAPARTE, prenant une eouronnp. Quel bonheur pour ma mère, Je vois mon frère admis! Quels progrès je vais faire, On me mène à Paris! CHOEUR. | Pour lui la chance est bonne, Il a le prix, etc. JOSÉPHINE. L'amour, je le devine, Vous garde d'heureux jours. Du nom de Joséphine Souvenez-vous toujours. CU0KD1, Pour lui la chance esl bonne, Il a le prix, clo. I>\ H BEL. Dans quelque temps, je pense, Tu seras général ; Mais toujours pour la France Le petit caporal ! CHŒUR. Pour lui la chance est bonne. Il a le prix, etc. ( 48 ) LE CAPITAINE Le sort au rang de maître 1,'élèvera bientôt... Il doit tomber peut-être, Mais tomber de bien liant!... CHOEUR. Pour lui la chance est bonne, II a le prix, etc. .EGIMUS. Du latin de Sénèque S'il s'élait bien nourri, Quel bon petit évèque On aurait fait de lui! CBOEOB. Pour lui la chance est bonne, Il a le prix, etc. BONAPARTE \nu puWic. Il nous lègue une gloire Que rien ne peut ternir; Français à sa mémoire Donnons un souvenir. CHOEUR. Pour lui la chance est bonne! H a le prix d'honneur ; Plaçons celle couronne Sur le fronl du vainqueur. ( ||!ofe h t H ra exécute une inlnil|im guerrière: le petil Bonaparte est pincé au milieu de la scène. Tous tes camarades se rangent en demi-cercle autour de lui ; ils elcTenl au même instant toutes leurs couronnes sur sa tète, ft crient tous: Vive Bonaparte ! 1> rideau baisse sur de* fanfares de victoire. ) FIN. IMPHIMERIK DE A. BARIiieit , RUE DES MAR /VIS S.-G. , If. I"