Répertoire du \ Théâtre français à Berlin. M 3. L'AMBASSADEUR, COMÉDIE-VAl lMiV II.LK KI\ UN ACTE, Par MM. SCRIBE et MÉLESVILLE. Représenté pour la première fois sur le Théâtre royal à Berlin, le 10 Mars 1829. m s m & a m d Chez Adolphe Martin Sch l ksi no kk, Libraire et Éditeur DE MUSIQUE, unter dcn Liadea No. 'A. 18 29. Persokkagms. Actiïius. Le Comte n'AUANZA, Envoyé d'Espagne à Naplei...... Mr. Duruhsrl. JULIETTE, sa fille....... Mlle. Antonin. FREDERIC DE CERNA Y, jeune Français............ Mr. Delcour. SAINT-JEAN, valet fiançais attaché au comte d'Aranza, . . Mr. Tiufour. ZANETTA, jeune napolitaine Mlle. Lanceslre. Un Domestique........ . Mr. Bru. Plusieurs Valets. IMPRIMERIE de L. W. KRAUSE, Arllor - Slrassc No. 6. Le théâtre représente un talon richement meublé. — Une table près de la cheminée à droite de facteur, — A droite et à gauche, des portes qui conduisent aux appartement du Comte et de sa fille. — Au fond, deux fenêtres et une porte donnant sur le jardin. Scène I. LE COMTE, JULIETTE. LK COMTE. Eh bien, ma chère Juliette, tu ne parais pas enchantée de notre nouvelle habitation? JULIETTE. Non, mon père... et je tous avoue que je ne puis m'empêcher de regretter ce joli hôtel M hitili- ,1'rchaii- tillons à Juliette, qui les eramine avec San pin) parce (JI1C le dernier envoi de Paris nous a manqué ... car toutes les inoiles nous viennent de là . . c'est un joug qu'il faut subir . . Vous conviendrez que c'est bien humiliant d'être obligé de copier servilement les bonnets de la rue Vivienne, les robes de mademoiselle J ictorùw ou les chapeaux cTJhrhmft, quand on se sent capable de créer soi-même . . mais ces dames ne veulent rien que ça ne soit de l'école française. LE '»,„;,, /„ , ( „, rai aussi une nouvelle forme «le berrel qui a fait sensation à la dernière représentation «le madame Méric-Lalande, au Ihér.lrc 8aiHt~Ckatiht . . si mademoiselle veut l'essayer? «.) Ut COMTE. Sans doute. . sans doute . . passe dans ton appartement, ma ehèro Juliette; achète tout ce qui te conviendra. Air de la Valse des Comédiens, Pour adoucir l'ordre dont tu murmures, Choisis, ma chère, au gré de ton désir. ZANETTA. C'est juste ... il faut de nouvelles parures, Pour apaiser iliaque nouveau soupir. Combien ainsi la douleur a de charmes! Ah ! croyez-moi, loin de vouloir guérir, Sans vous gêner, laissez couler vos larmes; Par le chagrin vous allez embellir. ENSEMBLE. Pour adoucir l'arrêt dont / >" c murmure > \ tu murmures, i? V * U \ choisir au gré" de S? - ^ d&i». Tu vas / D tes / ' J si vraiment la parure y / ^ coeur apaiser les soupirs. Kl je verrai, VA lu verras Peut de mon Peut de ton (Juliette rentre flans son appartement il droite de facteur; Zanctta ta suit aptes avoir safar le Comte,) Scène IH. LE COMTE, seul. Voilà justement ce que je craignais . . une rencontre . . un amour de roman . . . mais je suis averti à temps, Dieu ""•ici . . et je réponds bien . . Voici fort à propos ce fripon de Saint-Jean . . commençons par ine débarrasser de lui. Scène IV. LE COMTE, SAINT-JEAN. SAINT-JEAN, avec un paqurt. Monsieur le comte . . ce sont les lettres et les dépêches arrivées de Madrid par l'estafette. *tt.Àri£Si *y to LE COMTE. Bien. SAINT-JEAN. J'ai porté moi-même les invitations pour le dîner que doit donner M. le comte, chez le consul de France, l'envové de Portugal, l'ambassadeur de Prusse . . . parce que les affaires diplomatiques, c'est si délicat... Je ne m'en rapporte qu'à moi seul . . LE COMTE, Ironiquement, C'est beaucoup de zèle. SAINT-JEAN. De-là, je suis passé à l'Opéra pour louer la loge de Votre Excellence, dont l'abonnement était expiré. LE COMTE. Qui te l'avait ordonné? SAINT-JEAN. Personne. . . cela allait sans dire. . . un diplomate sans l'Opéra, ça a l'air (« demi voix et à part) d'un ambassadeur à la demi - solde. LE COMTE. Quand je dis que c'est lui qui commande ici . . S UVI'-JKAN. D'ailleurs, Votre Excellence sait bien que c'est utile aux progrès des beaux-arts. Air âes Postillons. Votre présence encourage, élertrise, Les beaux-arts et les entrechats; Car l'amateur remarque avec, surprise, y ne l'opéra ilause mal, lorstju' hélas I Les ambassadeurs n'y sont pas. Pour que] motif? ... qu'un autre ici l'explique; Mais il est donc quelques rapports secrets Entre le corps diplomatique, Kt celui des ballets. Du reste, M. le comte n'a pas d autres ordres à me donner? M LE COMTE, de même. le n'en ai plus qu'un . . quels sont vos gages chez moi? SAINT-JEAN, « pari. Une augmentation . . déjà . . peste, cela va bien ! (/,„„/) Excellence .... certainement ce n'est pas l'intérêt qni me guide . . Il est vrai que, remplissant auprès de monsieur le comte les fonctions de valet de chambre interprète . . . cela mérite . . . LE COMTK- Interprète . . oui, je me rappelle que c'est en cette qualité que tu t'es présenté à mon arrivée à Naples ... et tu ne s.iis pas deux mots d'espagnol, ni d'italien . . . C'est tout au plus si tu sais le français . . . SAINT-JEAN. C'est possible... depuis deux ans que j'ai quitté Paris... la langue a peut-être changé ... ça commençait déjà; mais Son Excellence parle si bien français . . . cela revient au même; et nous nous entendons parfaitement. LE COMTE, avec impatience. Au fait . . vos gages? SAINT-JEAN, humblement , Deux-cents piastres, Excellence . . . LE COMTE. Il y a deux mois que nous sommes ici; dites à mon intendant de vous compter cinquante piastres . . vous pouvez aller chercher fortune ailleurs . . SAINT-JEAN, stupéfait. Comment, monsieur le comte! . . . Cela signifie? . . . LE COMTE, sl-chcmcnl. Çue je te chasse, et que je ne veux pas que dans une heure on te trouve chez moi.. Ceci n'est pas de l'espagnol • • je crois que tu m'entends? S VINT-JEAN. list-il possible! . . . on m'aura calomnié auprès de mon- 12 sieur le comte .... après les marques de dévouement, d'at- tacheinent . . . LE COMTE. Oui . . on attachement à deux-cents piastres par un. . il suffit . . point d'explication . . vous ne ine convenez plus. SAINT-JEAN. Et pour quelle raison, monseigneur 7 car encore faut-il donner des raisons aux gens que Ton destitue . . . C'est une indemnité. LE COMTE. Vous êtes trop ignorant pour un diplomate ... et il faut à mon service des gens habiles . . SAINT-JEAN. La modestie m'empêche de répondre; et plus tard, monsieur rendra peut-être plus de justice à mes talens . . Eu attendant, Excellence, mon premier devoir est de vous obéir .. je vais faire mon paquet, et voir si l'ambassadeur de Russie a besoin d'un interprète, II suri. Scène V. LE COMTE, seul. L'effronté! . . il sait le russe comme l'espagnol!., N'importe, m'en voilà débarrassé ... les intelligences que l'on s'était sans doute ménagées dans ma maison, se trouvent rompues sans espoir, et ma fille est sauvée! (il s'approche ant)i il aurait besoin de moi . • . quel bonheur! .. quoique depuis vingt ans nous nous soyons perdus de vue ... ) e serais si heureux. . . (// Ut) „J'ai un fils ,,unique qui faisait tout mon espoir, et dont la conduite m'abreuve pour ce que „l'on appelle à Paris une grisette, que l'héritier des d'Avéiro, S) le lils d'un grand d'Espagne, va peut-être renoncer pour ,,toujours à sa Famille et ;\ Son pays ..." (s interrompant). Jîsi-ilpossil>!e! {il ùt) „Les dernières nouvelles que je reçois, ,,m'annoncent qu'il se cache à IVaples sous le nom de „Frédéric, et qu'il loge au faubourg de la Cray a, près du vieux palais. . . . Au nom de noire amitié, mon cher ,,comte, usez du pouvoir que votre mission vous donne, „pour chercher, pour découvrir le chevalier . . . emparez- „vous de lui .... qu'il ne cpiitte pas votre maison . . „.T'approuve d'avance tous les moyens que vous emploierez ,,potir le guérir de sa folie, et l'empêcher de faire un pareil ,,mariage! ... Si vous me rendez mon fils, ma vie entière „ne suffira pas pour reconnaître un pareil bienfait! . . . ,,Po.v( miptum. Pour vous aider dans vos recherches ... je „joins ici le portrait du chevalier., vingt-cinq ans," etc., etc. (Armant la lettrt), Pauvre père! ... ah! sans doute, je ferai pour l e chevalier ce que je ferais pour mon propre fils . . . mais „„ e intrigue , , . „„ jenue holnme ; , _ _ Al r rie Tureitne. Pour le découvrir, comment faire? A Naplcs, où l'on en voit tant! I » tel emploi ne convient guère A mon âge, ainsi qu'à mon rang. 14 D'ailleurs, et mon temps et mes peines Sont consacrés au service «lu Roi; Et je serai forcé d'avoir, je croi, Quelqu'un pour faire ici les miennes. Parbleu, voilà nue occasion où j'aurais eu besoin d'un intrigant de profession ; et je viens de renvoyer le seul <|ii LE COMTE. Précisément . . « A " ™» . . je le chasserai toujours après . . (haut) Je l'avoue, «ne affaire assez délicate qui demande de l'adresse, de l'activité . . et pour laquelle ta récompense est toujours prête. . . SAINT-JEAN. Parlez, monsieur le comte . . que faut-il faire? LE COUTE. Me découvrir aujourd'hui même un jeune Espagnol qui se cache à Naples sous un nom supposé . . et qui est amoureux fou d'une petite grisette. SAINT-JEAN Un jeune Espagnol? LE COMTE. Le fils du marquis d'Avéiro. SAINT-JEAN, j am mn t ht surprise. Le fils du marquis d'Avéiro! . . ah! c'est lui qui est amoureux! . . comme c'est désagréable pour sa famille! . c'est peut-être un parent de monsieur le comte? . . LE COMTE. 11 ne s'agit pas de cela . . Peux-tu me le trouver sur-le- champ? SAINT-JEAN. C'est difficile! . . les notions que vous me donnez sont bien vagues. LE COMTE. Comment! toi qui m lié avec tous les mauvais sujets? SAINT-JEAN. Pas de ce rang-là, monseigneur 1 . . Mais encore faut-il un point de départ . . l'intrigue est comme l'algèbre . . on ne peut aller que du connu à l'inconnu... LE COMTE. D'abord . . il se cache sous le nom de Frédéric. 10 SAINT-JEAN. Ah! c'est quelque chose. . . LE COMTE. Il loge à la Cyaya, près du vieux palais. SAINT-JEAN. Le numéro? LE COMTE. Ah! parbleu, si je le savais . > c'est justement ce qu'il Taut deviner. . . SAINT-JEAN. Nous avons un moyen d'opéra . . d'un joli opéra français . . mais je crois qu'il n'a pas encore clé employé dans ce pays-ci; je vais rassembler quelques matelots, quelques ouvriers; je les conduis à la Cyaya . . lions crions au feu A lue-tête . . tout le monde se met aux fenêtres, vous reconnaissez votre homme, et alors. . . LE COMTE. Eh! imbécille! . . je ne l'ai jamais vn. . . SAINT-JEAN. Ah! je conçois, vous pourriez vous tromper! . . Autre chose, Excellence . . si nous faisions insérer dans les petites affiches de Nnples; car il y en a partout, des petites affiches . . que le jeune Frédéric est invité à se présenter à l'ambassade d'Espagne, pour une affaire importante. LE COMTE. Il se doutera du piège, et ne viendra pas.. • SAINT-JEAN. Parfaitement juste! Votre Excellence a un tact . , qui saisit snr-Ie-champ le côté faible de mes projets ..Ht «'■• a bien un auquel j'avais d'abord pensé . . mais c'est si simple . . si naturel. . . le COMTE, Ce sera probablement le meilleur. SAINT-JEAN. Puisqu'il est amoureux . . il doit écrire A sa belle . . on ■ 17 doit lui répondre dix: (i)is par jour au moins . . . vous savez que ce sont les amoureux qui l'ont fortune de la petite poste . . Alors je nie disais qu'il serait Facile au premier bureau, ou par les facteurs, de savoir l'adresse exacte . . LE COMTE, C'est cela parbleu . . le moyen est sûr . . SAINT-JEAN. Moyen excellent . . LB COMTE. Mais comment l'attirer riiez moi? mon nom seul va l'épouvanter. SAINT - JEAN. Un Espagnol qui se cache sous un faux nom, vous pouvez le réclamer. . obtenir l'ordre de le faire conduire au fort St.-Elme oh au château de l'Oeuf. LE COMTE. Fi donc! . . le fils d'un ami, un éclat . c'est justement ce que je veux éviter. SAINT - JEAN. Alors, monsieur le comte. . un enlèvement subit.. Avec quatre ou cinq tazzaroM on enlèverait tout Naples, sans que personne s'en aperçût , . et si vous daignez me charger de l'expédition, je vous promets que dans dix minutes . . LE COMTE. Non, non, je ne veux pas que tu t'en mêles . . je vais donner mes ordres en conséquence . . une voiture sans armes , des valets sans livrées . . allons, Saint-Jean, c'est bien. Air: Dieu tout puissant par qui In comestible. Je suia content de »on rare ^éiiie. KA1NT-JEAN. J'avais raison île vous parler 'l'abord De nies talons jiour la diplomatie. LE COMTE. Ois pour l'intrigue, et nous serons d'accord. I'Ambassadeur. [ 2 ] 18 S 1I\T-,1E AN. Oucls préjuges! clans cette ville ingrate, Tout, je le vois, dépend «lu traitement. .. Ont mille écus, et l'on est diplomate; A cent louis, l'on n'est cpi'un intrigant. K N 6 K M B I. K. 1.K conti;. .le Mril content de ton rare génie, etc. » AI NT- 1E A M . Jl est content «le mon rare génie, etc. /,e Comte sort. Scène VII. SALNT-JKAN, net/1; il suit le Comte de$ yeux. Allez, allez, monsieur le comte, niiez chercher noire jeune homme, el amenez-le ici . . c'est loni ce «pie je vous demande . . (se frottant /<•* main*) Vous êtes bien fin! . . mais vous avez donné dans tous mes pièges avec une grâce par- laite! . . Il ne se doute pas que celui qu'il va installer chez lui avec tant «le précautions est un Français . . juste l'amant de sa fille . . el ce jeune Frédéric est loin Frédéric) nous nous reverrons bientôt ••• • jusque-là, je vous laisse à vos réflexions. / ENSEMBLE. \ 20 Atn ihi ttmdmitlt rie la SomnomM*. Mais songez-y, lu fuite est impossible; Car, sur l'honneur, vous êtes prisonnier. FRÉDÉRIC. Une prison est toujours bien terrible; Regardant Julirtlr. Mais en ces lieux, quand je pense au geôlier, Je me soumets sans murmure et sans peines. Loin de gémir de ma captivité, Puisaé-je, hélas! trop heureux it fragment du final de la Dama Blanche: .le n'y puis rien comprendre. LE COMTE, « Frédéric. Voyez mademoiselle. »RBI>KRIC, regardant Zanelîa. Elle est gentille et lielle; Mais dites-moi miellé est-elle, Car je ne la connais pas. ' z.VNKTTA. (Jucl est donc ce jeune homme? Dites-moi comme il se nomme; Car je ne le connais pas. LE COMTE. (JucI est donc ce mystère i" ENSEMBLE. \ C«ll« <|ui sut lui plaire, Lui scmhle une étrangère, 11 ne la reconnaît pas. SAINT-J EAN. Cette reconnaissance Finira mal, je pense : Comment sortir d'embarras? \ LE COMTE, « Frédéric, Kh ijuoi! l'aspect de cette balle N'a pas rat vous îles droits i* vnénKRic. .le vois, ici, mademoiselle l'our la première Ibis. LE COMTE. Et toi, Saint-Jean, qui nous écoule, Que penses-tu de tout ceci ? SAINT-JEAN. Ou'il a lui i. ses raisons sans doute, Pour vouloir en agir ainsi. LE COMTE, 'l Frédéric. Vous vous croyez forcé, prut-clre, D« ■ncomattM ses attraits ; Mais cet amour cjue ses yeux ont lait naîlre.,.. 39 # FREDERIC. Moi!. .. jamais... je ne l'aimai jamais. ZANETTA. Quel est donc ce jeune homme f Dites-moi comme il se nomme; Car je ne le connais pas. FRÉDÉRIC. Quelle est donc cette belle? Dites-moi «Miellé est-elle; Car je ne la connais pas. LE COMTE. Oui.. . le Irait est original. SAINT-JEAN. Pour nous cela Huira mal. I.K COMTE. Vous êles donc bien srtr île ne pat» aimer mademoiselle? KKKDKKIC. Faut-il, monsieur, vous faire de nouveaux sermens? I.K COMTE. Non, monsieur.... mais j'en voudrais une meuve. FRÉDÉRIC. Et laquelle? Ut COMTE. Me promettez-vous ?... ZANETTA. Mais, monsieur... Ut COMTE. Taisez-vous! (<< »H* tt i ] Me promettez - vous de renoncer à mademoiselle? FRÉDÉ1UC. Sans hésiter. SAINT-JEAN, « part. Le maladroit! ■.. ENKEHBI.E. 40 LE COMTE. Vous consentiriez à la quitter? FREDERIC. Eh! mais sans doute. LE COMTE. C'est tout ce que je demande... je suis content de vous... FREDERIC. Tous me rendez votre amitié? LE COMTE. Oui, jeune homme... mon amitié... mon estime... dans une demi-heure vous ne serez plus ici. FREDERIC. Comment! monsieur, qu'est-ce que cela veut dire? LE COMTE. Çue maintenant vous êtes digne d'embrasser votre prie; qu'il vous attend avec impatience... La chaise de poste, les chevaux, l'argent nécessaire pour votre départ, tout sera prêt dans la minute. FREDERIC. O ciel! LE COMTE , à Zanclla. Quant à vous, mademoiselle, restez ici... il faudra bien ■n'expliquer Ce mystère; (regardant Saint-Jean) e J s i p 01 , ,„';, trompé... SAINT-JEAN. Oui, monsieur... c'est ce que je vais tâcher de savoir; car je suis comme vous : je m'y perds... le crans. En bien! par exemple... allons, allons... n'importe, il partira, c'est tout ce que je désire... Bttendex-moi-lA..• I e reviens dans l'instant. // tort par li- JniKÏ. 4 I Scène XVII. FREDERIC, SAINT-JEAN, ZANETTA. FREDERIC. Me renvoyer dans une demi-heure .... et pour quelle raison? pour quel motif? ZANETTA. Oui, sans doute; maintenant qu'on peut parler, qu'est-ce que ça signifie? SAINT-JEAN. Que nous sommes perdus, ruinés . . et par votre faute. . à tous deux. FREDERIC ET ZANETTA. Par la mienne? . . SAINT-JEAN. Depuis une heure, je vous fais des signes, et vous ne comprenez rien . . J'avais tout prévu, tout arrangé . . l'ambassadeur voulait garder chez lui le fils du marquis d'Avéiro pour le guérir d'une inclination roturière ... le fils du marquis de . . c'était vous . . l'inclination, c'était mademoiselle. ZANETTA. Comment . . c'est j'aime Frédéric' il fallait donc le dire! SAINT-JEAN. Et vous avez la maladresse de ne pas vous reconnaître.. ZANETTA. Quand on ne s'est jamais vu. FREDERIC. Et surtout quand on n'est pas prévenu. SAINT-JEAN. Impossible depuis ce matin de vous voir ou de vous par- lw . . Que faire maintenant? 42 ZANETTA. Toui avouer à .Son Excellence. SAINT-JEAN. Non pas . . c'est moi qui paierais (ous les frais . . FREDERIC. Ecrire à ce marquis d'Avéiro dont tu m'as donné le nom . . t'est l'ami Me l'ambassade»», mais c'est aussi celui de ma Famille ; et j'ai VU de lui une lettre, ou il promettait déparier en ma faveur. SAINT-JEAN. 11 est à Madrid, et ne vous servira pas de si loin . . Un attendant vous perdez votre maîtresse, moi mes deux mille piastres. ZANETTA. Et moi, mes quatre mille. SAINT-JEAN. Il n'y a donc qu'un moyeu qui peut tout réparer.. Mou sieur le comte va revenir.. Tenez-vous à demeurer chez lui, A rester pris de sa fille? FREDERIC. Tu me le demandes? SAINT-JEAN, montrant Zanetta. Eh bien! alors redevenez amoureux de mademoiselle. FREDERIC. Kl Juliette, que dira-t-elle? SAINT-JEAN. Quand vous serez de la maison, ne trouverez-vous pas vin^i occasions de lui parler, de lui avouer la vérité? FREDERIC. Il R raison . . ,;h bien! soit... Si mademoiselle veut «« le permettre, je l'aime, je l'adore, j'en suis ion . . ah! »» nom? « SAINT-JEAN. Zanelta... <• Banttta ', Vous, ma petite, vous connaissez nos ron veillions, notre premier plan. AIR du l'iéfl-c. , V.ms dévouât pour le salut pul>lic, (lue de nouveau l'un pour l'autre soupire. ZANETTA. Je le veux bien... je r'aime Frédéric, Mais permettez-moi île le dire : A chaque instant, rhanger ainsi soudain, J'en conçois de L'inquiétude. Oe n'est qu'un jeu, je le sais... mais enfin, Ca peut «ri donner l'habitude; On peut en prendre l'habitude. SAINT-JEAN. Et les principes qui sont-lâ, et dont vous ne parlez pas.. On vient... allons, allons, du l'eu, du désordre, du pathé» tique... c'est le père... (4 VrtdMe, montrant Zanmita) Touillez à ses pieds . . . [tirant von m " s „pensez que cette jeune fille soit nécessaire au bonheur de „uion fils... je vous promets de les unir." FREDERIC, tjuittiuil la main Je Zanella. Comment? SAINT-JEAN, Itounli. Oh! lHavolo! 43 ZANETTA, « part. Dieux! épouser un marquis! LE COMTE, les observant. Voire constance méritait bien un pareil prix ... et c'est dans la chapelle «le l'ambassade, en ma présence, que r«M allez être mariés* En moment. Tenez ferme. FREDERIC. SAINT-JEAN, las. ZANETTA. Ain du Fleure de la fie. Qui, moi!,., je deviendrais marquise! LE COMTE. Eh ! rjuoî... vous lemblez refuser. SAINT-JEAN, lias. Déguisez moins voire surprise. FREDERIC. Veux-tu que j'aille l'épouser ? SAINT-JEAN, de même. Afin d'éclaireir ec mystère, C'est une ruse, je le voi, .fe le laisserais dire... ZANETTA. Et moi, ■le le laisserais Taire. LE COMTE. Eh! mais, quelle froideur !.. vous ne me remerciez pas? .. TOUS ne tombez pas Omis mes bras? . . FREDERIC. Monsieur . . certainement . . je suis touché . . mais mon père . . LE COMTE. Je vous ai dit qu'il m'avait envoyé son consentement. 4(i SAINT-.IEAN, rtWMM, Permettez . . ce n'est pas dans la lettre. le comte 0 s Hein ! . . Comment le sais - tu ? SAINT-JKAN, eml.arrassl. Je le sais . . je. . c'est-à-dire, je |>résuine.. parce qu'un homme comme le marquis d'Avéiro ne peut consentir à une mésalliance . . U COMTE. Saint-Jean . . • SAINT-JEAN. Monsieur . . LE COMTE, Je te ferai mourir sous le bâton . . SAINT-JEAN. Plaît-il, monsieur . . et pourquoi? LE COMTE. Je n'en sais rien... mais ce jeune homme... cet amour.»* ton trouble.... tu me trompes !... SAINT-JEAN. Moi !... Monsieur le comte peut-il penser que je sacrifie ses intérêts à ceux d'un inconnu? . . LE COMTE. Un inconnu! . . Monsieur le valet de chambre; interprète) expliquez-moi comment il se liait que oc chevalier d'Avéiro soit précisément l'inconnu dont vous avez parlé à ma fille?.- expliquez-moi comment ces jeunes gêna s'aiment et ne se connaissent pas ... se raccommodent et ne veulent pas se marier . . SAINT-JEAN. Monsieur, 011 ne peut pas expliquer les bizarreries 1,11 coeur humain . . mais la vérité est que je ne suis pour ne» dans tout ceci . . et si vous en douiez . . 47 Scène XIX. Les mêmes, UN VALET. LE COMTE, Usant une carte que le valet lui remet. Comment . . il est ici ? LE VALET. Il attend monsieur le comte dans son cabinet. . . LE BOUTS, avec joie. Quel bonheur! oh! pour le coup je vais enfin savoir la vérité (m< valet). Que personne ne puisse sortir de l'hôtel, (aux autres), et malheur à qui s'est joué de moi! restez tous.. ('/ sort avec le valet.) Scène XX. FREDERIC, ZANETTA, SAINT-JEAN, FREDERIC, croisant les bras. Eh bien ! Saint-Jean. SAINT-JEAN. Je n'y suis plus du tout. ZANETTA. Qu'est-ce que cela y eut dire? nutiNuuc, Ce nouveau personnage... SAINT-JEAN. Qui doit tout découvrir ... ZANETTA. Je commence à avoir peur. |g FREDERIC. Voilà pourtant le résultat de tes ruses, de tes finesses et du personnage ridicule que tu m'as fait jouer., ■ Mais, songes-y bien; j'ai pu m'abaisser à cette feinte pour obtenir Juliette; mais si je la perds.... c'est à toi que je m'en prends, et je t'assomme. SAINT-JEAN, C'est cela.... l'ambassadeur d'un côté.... vous de l'autre, et pas de petite porte pour se sauver. ZANETTA. Ah ça, dites-moi au moins si j'aime toujours Frédéric. SAINT-JE AN. Il est bien question de cela! Que devenir? quel parti prendre ? l'ambassadeur est sur la trace.... l'intrigue va s'éclaircir.. nous n'avons plus qu'une ressource, monsieur, c'est de la compliquer tellemeut que ni monsieur le comte, ni nous-mêmes ne puissions plus nous y reconnaître.... comme ces gens qui, au montent d'une liquidation, embrouillent toujours les affaires.... c'est le seul moyen de faire les siennes,... Qui vient là? est-ce l'ennemi? non, c'est mademoiselle Juliette. FREDERIC. Ah! je pourrai du inoins la détromper. Scène XXI. Les mêmes, JULIETTE. JULIE M K, apercevant Zanetta. Comment, mademoiselle, encore ici?.... je vous trouve bien hardie. FREDERIC. Un mot seulement, caries instans sont précieux... VotcP père était dans l'erreur.... je vois aujourd'hui mudcmoi.so" e pour la première l'ois. JULIETTE. Il serait possible! = 49 FRÉDÉRIC, C'est vous seule que j'aime el que j'aimerai toujours. J1 LUTTE. Ah! je le disais bien . . c'est cette lettre «le votre père qui nvait tout embrouillé.. H se trompait missi, n'est-ce paai monsieur? mais, grâces au ciel, tout va s'éclaircir; car il arrive . . il vient d'entrer dans le salon. Et qui donc'.' FREDERIC. JULIETTE. Votre père . . le marquis d'Avého. s MNT-JE IN. Ah! grands dieux! Il METTE. J'ai bien retenu son nom . . Lui, et mon père Se sont enfermés, pour parler de nous, 'ie. 0»« • • vous croyez . . quelle figure a-t-il? il a l'air JCLIBTTR. Comment, monsieur? . . ZANETTA. Allons . . il ne connaît pas son père à présent . . il n e connaît personne, ce jeune homme. FREDERIC, apercetaui h Comte. Dieux! monsieur le comte! 50 ZANETTA ET SAINT-JEAN, en même temps. Monsieur le comte! SAINT-JBAN. De l'audace, et tenons-nous bien. Scène XXII et dernière. Les mûmes, LE COMTE. JULIETTE, à son père , tjiti s'avance lentement en tes regardant tous. Ëh! bien, mon père . . le marquis d'Avéiro? Ut COMTE. Je le quitte à l'instant. JULIETTE. Vous venez sans doute chercher son fils, pour le conduire dans ses bntSi LE COMTK, Je le voudrais . . mais il n'y a qu'une petite difficulté* • • c'est que le marquis d'Avéiro n'a jamais eu de fils. JULIETTE , regardant b'rldvrie. Comment? 8AINT-JKAN, « part. De mieux en mieux. FRBDBRIC, i part. Çuel supplice ! ZANKTTA. Ah! ça, il paraît que le père n'aime donc pas Frédéric- LE COMTE, « FrM-rir. C'est vous dire assez, monsieur, que si j'ignore enco qui vous êtes, et les 11103 eus ï°* v0,,s avez ,;m l u oyés P°" r me iromper ... je me doute du moins «lu motif çpd vouS conduit chez moi;., et pour que TOUS perdiez (ont espoir pour que vous renonciez à jamais à la main de Juliette, I vous apprendrai que, cédant aux sollicitations du marq" 1 d'Avéiro, je marie ma lille au fils d'un de ses amis. 51 JULIETTE et FREDERIC. O ciel! LE COMTE. Oui, Monsieur... si mon gendre a le tort à mes yeux fie ne pas être Espagnol, c'esl «lu inoins un homme estimable... un Français plein d'honneur et